Ne faites pas comme l’état : non aux 3% de déficit !

Soyez le 1er à noter cet article !

L’une des premières actions du nouveau premier ministre Manuel Valls est d’annoncer un plan de réduction des dépenses de 50 milliards d’euros accompagné d’un objectif de 3% de déficit public à l’horizon 2015.

Autant on ne peut qu’applaudir la première mesure qui vise à réduire les dépenses de l’état en jouant sur les économies et diverses optimisations plutôt qu’augmenter les prélèvements comme le font quasiment tous les gouvernements depuis des décennies, autant la deuxième annonce laisse plus perplexe.

Que signifient 3% de déficit ?

Un déficit signifie tout d’abord que la somme des dépenses est plus élevée que la somme des recettes : concrètement 3% de déficit signifient donc que pour chaque budget annuel, mademoiselle France dépense 3% de plus que ce qu’elle gagne et qu’elle finance la différence à coup de dette publique.

Que diriez-vous à votre fille qui vient de trouver son premier emploi si elle dépensait plus que ce qu’elle gagnait et qu’elle finançait la différence à coup de crédit à la consommation chez Cofidis/Cetelem?

Vous lui diriez probablement de s’acheter moins de chaussures (bonjour les clichés, désolé les filles) de prendre un appartement moins cher ou de se garer correctement afin d’éviter les PV (femmes au volant donc) voir si vous êtes vraiment d’un bon conseil, d’épargner un minimum pour se mettre à l’abri, partir en vacances ou acheter un appartement.

Cette jeune fille aux poches percées n’est pas votre fille mais votre mère patrie, la république pourtant sensée donner l’exemple et autrefois guidant le peuple vers liberté et responsabilité.

3% de déficit - liberté guidant le peuple

La liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix – Inspirateur Mammaire des Femens

Le déficit élevé en vertu

L’union européenne encourage ce comportement puisqu’elle décerne une palme de bon élève aux pays ayant 3% de déficit et impose des sanctions au delà, avec des aménagements quasi systématiques pour des pays comme la France qui ne respectent jamais la règle : moins de 3% de déficit je te félicite, plus de 3% de déficit on s’arrange bien vite.

Ces règles instaurent le déficit comme une vertu : l’objectif n’est plus d’assainir les finances mais d’atteindre ces fameux 3% de déficit désormais institutionnalisé comme objectif suprême alors qu’il conduit les finances des états à leur perte.

En simplifiant à outrance, c’est comme si dans une classe on décidait de baisser la moyenne de 10/20 à 8/20 sous prétexte que personne n’y arrive : il y aura certes plus d’élèves dans la classe supérieure mais seront-ils mieux formés pour autant?

Les politiques annoncent même fièrement ces objectifs, preuve de leur sérieux économique, preuve ultime de leur sens des responsabilité, de leur sérieux de leur bonne gestion! Chers Français, je suis fier de vous annoncer que cette année nous allons dépenser un budget que nous n’avons pas et que nous ferons payer à nos enfants !

Certes quand on a un déficit à 5% ou 10%, 3% de déficit public peut être un objectif intermédiaire mais en aucun cas un objectif définitif, ce dont l’état a besoin c’est de 0 déficit voir, soyons utopistes, d’une politique de désendettement (le contraire du déficit, l’épargne) qui enclencherait un cercle vertueux : moins de dette =moins d’intérêts donc moins de dépenses, donc moins de dettes, donc… etc.

Faire mieux que 3% de déficit, le challenge politique

La France est une table de restaurant à laquelle toutes les classes politiques s’attablent, s’empiffrent de mets succulents et de vins enivrants (on est en France je vous le rappelle) et la quittent en laissant l’addition à ceux qui les suivent : l’ardoise s’allonge et il faudra bien un jour que quelqu’un la règle, je vous laisse deviner qui.

Ce comportement est malheureusement celui de nos classes politiques qui se succèdent au pouvoir depuis 1974 date à partir de la quelle plus aucun budget de l’état n’a été à l’équilibre, comprendre que la France dépense plus que ce qu’elle gagne tous les ans depuis 1974, qu’elle finance la différence à coup de dette publique qui atteint désormais presque 100% de son PIB.

Si c’était une femme, la France serait interdite bancaire, sans chéquier ni de carte bleue, surendettée, à découvert dès le 5 du mois.

Même si le budget de l’état est infiniment plus complexe (intérêts politiques, soigner sa réélection, influence des corporatismes…) ce qui est indispensable pour un budget familial personnel est indispensable également à plus haut niveau : dépenser moins que ce que l’on gagne, épargner et investir la différence : un concept simple à la base de tout raisonnement économique, de l’argent de poche d’un gamin de 8ans au budget d’un état : un système en déficit est un système voué à l’échec, il échouera moins vite avec 3% de déficit qu’avec 10 mais il échouera quand même.

Or ce que les citoyens demandent aux politiques c’est de réussir, pas de retarder l’échec : non seulement il est de la responsabilité de l’état de gérer de la meilleure des façon l’argent public mais aussi de donner l’exemple : si des personnes aussi compétentes que nos ministres, experts, économistes et toute l’élite économique se laisse aller à de telles dérives pour les raisons électoralistes ou par manque de courage politique, alors qui pour guider le peuple?

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. coyote dit :

    Bonjour
    Juste un petit commentaire
    L’etat s’endette de 3% de son PIB, cela ne correspond pas vraiment a un deficit
    de 3% sur l’execution de son budget , mais plutot de l’ordre de 20 a 30%,
    Cela donne une meilleur idée du vertige !!!!
    en gros, l’etat a de l’ordre de 290B€ de rentrée et depenses 350/360B€

  2. laura dit :

    C’est certain, ce n’est pas facile. Mais essaient-ils vraiment d’y faire quelque chose ? Parce que vu de l’extérieur, ça ressemble plutôt à « bon, 5 ans à tenir, et on passe les embrouilles au suivant ».
    Les problèmes de gestion en France ne datent pas d’hier, mais on repousse toujours. Donc si on y réfléchi, 3 %, c’est beaucoup, mais au train où on va, c’est un début.

  3. @Marc : il faut dire qu’on ne les aide pas non plus ! à force de voter pour celui qui représente le mieux nos interêts personnels au détriment de l’intérêt général, on les condamne à ce genre de comportement. Ou alors il faudrait un président élu qui déclare dès le début qu’il ne briguera pas de second mandat et qu’il est là pour faire le « sale boulot » (toutes proportions gardées, il sera président quand même…)

    Celui qui s’engage dans cette voie aura mon vote en tous cas !

  4. Salut,

    Effectivement, avoir un budget en déficit est totalement contre-productif et on le comprend assez facilement.

    Les 3% ne devrait pas être le but final mais un objectif parmi d’autre pour atteindre l’équilibre puis être bénéficiaire.

    Je pense que les politiques de tout bords ne bougent pas pour les 2 raisons de ta question, pour se faire réélire et par manque de courage…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *