L’épargne de précaution, le filet de sécurité de vos finances

epargne_precaution_filet_de_securité

La vie réserve parfois son lot de surprises et n’épargne personne : qu’elles soient bonnes ou mauvaises elles viennent nous rappeler que malgré tous les efforts que l’on peut faire pour mettre sa vie sous contrôle (santé, finance, sécurité, famille…) nous sommes très loin de tout maîtriser.

Il faut donc se préparer à affronter les aléas qui peuvent nous tomber dessus : licenciement, accident, maladie … c’est surtout quand tout va bien et qu’il faut se préparer à ce que les choses aillent mal et c’est cela qui est difficile : pourquoi penser à des choses négatives quand je peux profiter du moment ?

L’épargne de précaution

Se préparer aux coups durs c’est d’abord pouvoir y répondre financièrement car ne nous le cachons pas, même si l’argent ne fait pas tout c’est lui qui va nous permettre de faire face à ces imprévus.

Il est donc important de disposer d’une épargne en cas de coup dur dont l’objectif est double : vous rassurer quand tout va bien et vous aider quand vous en avez besoin.

Cette épargne est la 1ère étape que vous devez franchir avant de penser investir ou consolider une épargne patrimoniale plus élevée, c’est votre filet de sécurité et les fondations d’une gestion saine de votre épargne.

 

épargne de précaution

Tout le monde chute, aurez-vous un filet de sécurité pour vous retenir quand cela vous arrivera?

Combien dois-je mettre de côté en cas de coup dur ?

Le montant d’une épargne de précaution varie selon votre profil, votre patrimoine et bien sur vos dépenses : je ne vous donnerai donc pas de chiffre fixe à appliquer mais plutôt une indication que vous devez extrapoler à votre cas personnel.

L’objectif de cette épargne n’est pas d’être la plus conséquente possible : placée sur des supports à liquidité immédiate, ceux-ci ne rapportent pas grand-chose et il convient de séparer son épargne patrimoniale de son épargne de précaution.

Je pense qu’il est nécessaire d’avoir au minimum 3 mois de dépenses courantes sur son épargne de précaution : moins ce n’est pas assez, et plus… vous perdez de l’argent.

Pourquoi 3 mois ?

Parce qu’il s’agit d’une épargne de secours dont l’objectif n’est pas de vous donner du mou pendant une longue période : celle-ci doit être suffisamment longue pour vous rassurer et vous donner le temps de vous retourner, mais également suffisamment courte pour que vous ne tombiez pas dans la facilité : j’ai encore un an de dépenses devant moi, je chercherai du boulot demain…

Cette épargne sera donc d’autant plus conséquente que le sont vos dépenses, d’où l’intérêt de les réduire : Si vous dépensez 1000€ / mois, 3000€ suffisent. Si vous en dépensez 2500€ il vous faudra 7500€ qui vous seront d’autant plus compliqués à épargner étant donné votre niveau de dépenses élevé !

3 mois c’est également un bon compromis selon moi pour balancer correctement entre une épargne et épargne de précaution.

3 est également un chiffre simple à retenir et appliquer pour votre épargne car présent dans l’inconscient collectif : on compte jusqu’à 3, les 3 mousquetaires, la trinité chrétienne, les 3 dimensions,  les 3 couleurs primaires, ou encore les 3 petits cochons (notez la métaphore hyper recherchée de la tirelire, de l’épargne et des petits cochons…)

Ou placer mon épargne de sécurité ?

Contrairement aux 3 frères, il ne faut pas faire n’importe quoi avec son épargne. Et pour bien définir le placement le plus judicieux pour votre épargne de précaution, il convient d’abord de bien la différencier de l’épargne patrimoniale :

Epargne patrimoniale :

L’essentiel de votre épargne qu’il faut chercher à placer au taux de rendement le plus haut possible, même avec une liquidité (c’est-à-dire la facilité de retirer l’argent en cas de besoin) moyenne ou faible. Exemple : un placement immobilier, des parts de SCPI, une Assurance-vie multifonds.

Epargne de précaution :

Une partie de votre épargne qu’il faut placer sur des supports offrant une liquidité immédiate mais au prix d’un rendement faible, l’argent que vous y mettez ne travaille pas ou peu pour vous. L’important avant tout ici est de pouvoir utiliser cette épargne très rapidement en cas d’urgence ou de coup dur, c’est à dire sous 1 ou 2 jours

Les supports offrant une liquidité importante sont :

Livret A : défiscalisé, c’est l’un des placements préféré des Français (60 millions de livrets A…) vous en avez donc forcément un ! Rendement faible, il protège simplement votre épargne de l’inflation.
Livrets bancaires : chaque banque applique ses propres conditions, les maigres intérêts perçus sont imposables, rendement équivalent à celui du livret A sauf promotion (4% pendant 3 mois) : globalement moins intéressant que le livret A.
Compte bancaire : il ne s’agit pas d’un placement mais de laisser votre épargne sur votre compte en banque. C’est une mauvaise idée pour plusieurs raisons :

  1. Pas d’intérêts : votre épargne s’érode en raison de l’inflation car non rémunérée
  2. Difficile d’avoir une idée claire sur son budget
  3. La tentation de le dépenser car constamment sous la main

Et vous, avez-vous une épargne de précaution ? Sur quels supports l’avez-vous placée ? N’hésitez pas à commenter l’article pour échanger sur le sujet !

15 Commentaires

  1. Natacha

    Très bon article . Vraiment très utile. Merci . En plus vos commentaires ont ajouté un plus a l’article.

  2. Asiaboy

    Bonjour,

    Pour ajouter un peu a la conversation:
    27 ans, vivant en Chine: 3k€ net / mois. 55% constitue epargne actuellement.
    4ans en Chine, et je rejoins totalement le fait que les augmentations ne font qu’augmenter l’épargne, si on sait conserver un train de vie et donc des dépenses constantes. En 4 ans je suis passé de ~300€ à ~1600€ d’épargne mensuel. Objectif: 2500€, car pas de cotisation au régime des retraites.

    Bye.

  3. La Banque

    Bonjour,
    Il me semble que prévoir 6 mois de vie c-a-d les dépenses mensuelles du foyer est une bonne base de départ.

    Après on peut provisionner à la valeur d’usage et suivant une sorte d’amortissement le prix des dépenses coûteuses au cas par cas :
    – la chaudière si elle est vieille (ou 50% de son prix si elle a 10 ans)
    – le prix d’une petit voiture d’occasion si impératif (travail..)
    – etc.
    Le mieux est d’être réaliste par rapport aux aléas plutôt que de rester dans le déni. Ca rend la vie plus sereine comme ça. :)

  4. Combattrelacrise.fr

    @Ludovic : tout à fait d’accord, taux d’intérêts plancher mais en contre partie, une liquidité extrême, il faut donc correctement doser avec des placements plus rémunérateurs mais aussi moins liquides.

  5. ludovic baratier

    bonjour

    c’est intéressant de disposer d’une épargne de précaution. Le problème de l’épargne de sécurité est que les taux sont très bas.

    Pour doper son épargne, il faut accepter le risque.

    ludovic

  6. Combattrelacrise.fr

    @Didier : merci pour vos encouragements !

    Il est vrai que votre stratégie rapporte plus en intérêts cumulés mais ce que vous y gagnez en monétaire, vous le perdez en liquidités : ce que je demande à mon fond de sécurité c’est d’abord… de la sécurité!

    La disponibilité très rapide (sous 2/3 jours) est à mon avis un critère indispensable : imaginez que pour une raison X ou Y votre assurance-vie mette plus que le délai indiqué pour retirer vos fonds?

    S’ils annoncent un délai indicatif de 3 semaines alors il n’est pas exclu que ce délai atteigne 4 semaines voir plus en cas de jours fériés, de ponts, de dysfonctionnements… ces délais sont souvent calculés à partir de moyennes optimistes il ne faudrait pas que ce soit à vous d’en faire les frais!

    Votre stratégie est tout à fait valable, je considère simplement que le gain supplémentaire (600€ sur 8ans soit 6€/mois) n’est pas assez élevé pour justifier le risque qui lui est bien plus élevé (1 mois de liquidités au lieu de 3)

  7. Didier

    Bonjour à tous,

    Et merci à notre ami blogueur pour tous ces excellents articles.

    Personnellement, je trouve que le meilleur placement pour son épargne de précaution est l’assurance-vie.

    Plus précisément, on peut mettre :
    – 1 mois (sur les 3 ou 6) sur un livret A dans une banque où l’on a un compte courant, ce qui permet de récupérer cette somme en un clic si nécessaire.
    – le restant sur une AV, qui peut être débloqué en quelques semaines

    Ce raisonnement est valable même si on vient juste d’ouvrir l’AV, car même en supposant une taxation maximale des plus-value de l’ordre de 50%, avec 35% forfaitaire + 15,5% de prélèvements sociaux, on arrive à un rendement supérieur à 1,5% en choississant bien son AV.

    Enfin, le dernier argument : dans la majorité des cas, cette épargne de précaution ne sera débloquée qu’exceptionnellement, et donc autant la laisser dormir en bénéficiant des conditions plus avantageuses de l’AV.

    Petit calcul : au bout de 8 ans, si l’on pas pas utilisé son épargne de précaution initialement de 6000 euros, on aura :
    – 6626€ sur le livret A si on est 100% livret A à un taux de 1,25% (et cela n’aura pas forcément suivi l’inflation, et donc on sera probablement à moins que les 3 ou 6 mois de départ)
    – en suivant mon principe : 2208€ sur le livret A et 5067€ sur l’AV (taux supposé de 3%), soit un total de 7275 €

    Allez, un dernier dernier argument ! Avec des fonds sur une AV, ce sera bien moins facile et tentant d’aller grignoter son épargne de précaution pour s’acheter le dernier smartphone à la mode !

  8. Combattrelacrise.fr

    @Cathy : merci pour vos encouragements, je n’ai pas souhaité sortir un chiffre du chapeau concernant un taux d’épargne mensuel idéal car chaque cas est unique en termes de dépenses, de revenus, de train de vie, de charges… je préfère donc parler de 3 mois de dépenses de coté car c’est la seule façon sérieuse de donner une indication juste !

  9. cathy

    Très bien cet article. Effectivement on a toujours trop d’épargne de précaution quand on en a pas besoin et jamais assez quand on commence à taper dedans. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle…malheureusement.
    Par contre, j’aurai aimé cet article plus précis comme un taux moyen d’épargne de précaution idéal mensuellement…

  10. Pingback: Epargne de précaution, comment s'y prendre ?

  11. NégoFioul

    Un bon moyen de se constituer une épargne de précaution sans pour autant réduire son train de vie est de faire des économies sur sa facture de chauffage.
    Les internautes trouveront plein de trucs et astuces sur internet pour réduire leur consommation ou le prix d’achat de l’énergie. Exemple sur le fioul domestique: le blog NégoFioul.fr.
    Et hop, un peu plus d’argent sur votre livret A !

  12. Cyril de meilleures-sicav.com

    Bonjour,

    Dans mes interventions en cours de gestion de portefeuille, j’atterrissais sur les mêmes conclusions : entre 3 et 6 mois de dépenses courantes.

    Les variables d’ajustement étant :
    – la nature des dépenses courantes
    – votre situation familiale et professionnelle
    – votre aversion au risque.

    Si vos dépenses sont prévisibles, vous serez plutôt dans le bas de la fourchette. Mais si elles le sont moins, alors vous irez vers le haut de la fourchette. Ainsi quand vous êtes locataire, il y a moins de dépenses imprévisibles que si vous êtes propriétaire (s’il y a des travaux non anticipés, ça peut vite monter). Dans ce cas, si votre livret A et votre LDD sont pleins, le CEL a son utilité.

    Si vous avez des personnes à charge, vous serez également dans le haut de la fourchette. Si vous êtes seul et que vous avez un coup dur, vous n’entraînez que vous dans l’ajustement de votre qualité de vie. Faire manger des pâtes et des pommes de terre au petit dernier parce que vous n’avez pas anticipé un coup dur (ce qui, hélas, peut toujours arriver, mais j’illustre ici les variables d’ajustement).
    De même quand vous êtes à votre compte, vous avez intérêt à être dans le haut de la fourchette parce que vous avez moins de visibilité sur vos revenus futurs qu’un fonctionnaire titularisé.

    Pour finir, il y a votre aversion au risque : la cigale et la fourmi… Vous avez le droit de croire à votre bonne étoile, que l’argent est fait pour être dépensé et, quand il n’y en a plus, on en dépensera moins… Mais ça reste quand même plus facile d’en avoir ;-)

    Merci pour ce billet intéressant !

    Bonne journée,

    Cyril

  13. Fabrice

    Bonjour,
    Quand j’ai débuté mon activité professionnelle, j’ai rapidement mis de côté 1 mois de salaire de précaution, après mes 30 ans je suis passé à 3 mois et maintenant que je suis dans la quarantaine je viens de franchir le seuil des 6 mois de salaires de précaution.

    Cela peut paraître un peu too much mais dans mon entourage j’ai vu plusieurs personnes perdre leurs emplois ces dernières années et je peux dire que 6 mois ne sont pas de trop si vous avez des crédits en cours.

    Côté placement, j’ai 40% de cette réserve sur un Livret A, 40% sur un Livret ING et 20% sur un Codevi.

  14. Combattrelacrise.fr

    Bonjour Julien,

    je vois que nous avons la même méthode, à ceci près que tu utilise un compte sur livret : ne penses-tu pas qu’il soit plus intéressant de déposer ton épargne de sécurité sur un livret A plutôt? Le taux actuel est similaire (1,75%) mais il est défiscalisé ce qui revient donc à faire mieux qu’un compte sur livret à 2% qui en réalité ne donne que 1,25% au mieux après impôts.

  15. Julien @acheter des parkings

    Bonjour,

    tu as bien raison de mettre en place ce type de système. A titre personnel, j’ai aussi 3 mois d’épargne de précaution. Ils sont placés sur un compte sur livret à 2 % (avant impôts).

    La rémunération est celle de l’inflation (+/-), mais c’est dispo tout de suite.

    Pour le reste de l’épargne, j’ai fait un gros trou dedans pour mon dernier investissement. Mais là, c’est pour générer des revenus intéressants. Quoiqu’il en soit, j’ai bien attention à garder des sous au cas où !

    A bientôt

    Julien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *